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Fabrication automobile: De véritables projets industriels ou de simple effets d’annonce?

Au tout début de l’année 2021, l’ex ministre de l’industrie , Ferhat Ait Ali avait annoncé que deux constructeurs automobiles étaient intéressés par des projets industriels en Algérie. “Des négociations sont en cours avec deux constructeurs mondiaux pour des investissements en Algérie” avait déclaré l’ancien ministre tout en précisant qu’il s’agit de “deux marques de véhicules touristiques européen et asiatique”. Il a ajouté que ces projets  constituent de “gros projets d’industrie mécanique qui généreront des écosystèmes dans lesquels évoluent plusieurs de leurs équipementiers et sous-traitants».

Ferhat Ait Ali avait, on s’en souvient bien, déclaré qu’il s’agit “d’investissements à capitaux exclusivement étrangers”;

Qui sont ces deux  constructeurs automobiles? ou sont passés leurs projets industriels? pourquoi ils ne se sont plus manifestés depuis le début de l’année ? ou sont arrivées les négociations?

Lui emboitant le pas, Adel Bensaci, le président du Conseil national de la concertation pour le développement de la PME a déclaré au journal Echourouk, il ya de cela quelques jours, que cinq marques mondiales spécialisées dans la construction de voitures ont exprimé leur volonté d’investir en Algérie. Ce sont notamment des opérateurs français, sud-coréen et chinois tout cela, selon lui, avec l’acceptation préalable de toutes les conditions formulées par les autorités algériennes et sans même bénéficier des avantages fiscaux, dit-il.

Vrais ou faut? . Il faut le voir sur le terrain pour le croire comme dit l’adage populaire d’autant plus que la crise de l’automobile persiste au niveau mondial et des usines sont entrain de fermer pour des durées limitées pour cause manque en composants électroniques

Quoi qu’il en soit, cette sortie du président du Conseil national de la concertation pour le développement de la PME intervient alors que Hyundai et VW, deux grands groupes mondiaux, ont décidé de surseoir à leur présence en Algérie en attendant que les nuages se dissipent .

Il est un secret pour personne que le secteur de automobile chez nous traverse une véritable zone de turbulence ponctuée par un retard dans la délivrance des agréments pour l’importation de tout type de véhicules neuf, une prolifération des importations des voitures avec licence de moudjahidines ( donc exonéré de DD et de TVA)  et des prix des véhicules neuf et d’occasion  qui dépassent toute logique.  En somme, une main mise inquiétante des revendeurs multimarques  et des rabatteurs ( smasra) sur le marché du véhicule neuf et celui de l’ occasion.

Enfin, c’est un autre responsable qui s’est manifesté sur le véhicule électrique en indiquant que notre pays pourrait bien fabriquer le véhicule électrique sur notre sol. Il s’agit de Reda Tir président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) qui a déclaré que son institution est en train de  « développer l’idée de la fabrication d’une voiture électrique algérienne ». Il est vrai que notre pays, dit-il,  recèle des  prodiges de renom dans différents secteurs ayant trait au développement d’un tel projet, en plus de disposer des ressources naturelles nécessaires pour le concrétiser à l’instar du fer et de l’acier.  

Ajoutant à tout cela une main d’œuvre abordable en terme de cout, un prix des plus bas de l’Energie électrique, un vaste territoire ouvert sur de nombreux pays de l’Afrique sub-saharienne et une proximité avec les pays de la rive sud de l’Europe.

En attendant de voir se concrétiser tout ces projets industriels bénéfiques pour l’économie nationale et pour le citoyen lambda , l’algérien continue  de “manger son pain noir” dans un marché automobile ou la logique n’existe plus. ce même citoyen qui s’interroge sur les projets industriels de fabrication/ montage automobile ou de pièces de rechange déposés par des algériens ( usine Kia de Batna et celui de EMIN Auto à Ain Temouchent, usine de tracteur agricole Mahindra en sont de simples exemples ) et qui sont toujours bloqués au fin fond des tiroirs comme il s’interroge sur ces textes de lois qui changent au grés des personnes.  

L’avenir nous le dira. donc wait and see!     

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé en Automobile/Directeur de Publication Autojazair

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