Actu Nationale

Groupement de concessionnaires automobile: « le comité technique semble outrepasser ses prérogatives »

Dans une lettre adressée au ministre de L’industrie , le groupement de concessionnaires automobile décortique la situation lamentable dans laquelle se trouve  plus de 58 concessionnaires ayant déposé le dossier pour l’obtention d’agrément. Il invite le ministre de l’industrie à leur accorder une audience afin de lui soumettre « leurs préoccupations ».

Nous publions intégralement la lettre des concessionnaires afin que nos lecteurs puissent  connaître la situation actuelle du marché et les raisons du blocage selon les concessionnaires

« ———————————————————————————————————————

« Monsieur le ministre,

C’est avec un profond respect que nous sollicitons votre haute attention afin de vous informer de la situation dramatique que nous vivons en raison des retards accumulés par le comité technique interministériel, dans la délivrance de nos agréments.

Ces retards ne sont pas sans conséquence sur nos entreprises, sur le point de déclarer faillite, avec les licenciements du personnel et l’arrêt définitif de notre activité, et ce après avoir répondu par des investissements très lourds, induits par trois cahiers des charges, 15-58, 20-227 et 21-175. Malgré notre disponibilité à satisfaire les exigences de ces trois textes de loi régissant l’activité de concessionnaire automobile, notre activité est à l’arrêt depuis le 1er Janvier 2017. Notre exclusion de l’activité industrielle s’est étendue à celle de l’importation, sans aucune raison valable ! Depuis de longues années, nous perdons en moyenne plus de cinq (05) millions de dinars mensuellement. Ce montant représente entre autres, les loyers, les salaires et les charges sociales, pour ne citer que ces trois points.

Aujourd’hui, nous constatons à nos dépens, que le comité technique interministériel, chargé de l’étude de nos dossiers, tergiverse et nous fait perdre un temps précieux, alors que notre situation requiert un traitement d’urgence de nos dossiers. Aussi, le comité technique semble outrepasser ses prérogatives, d’une part en nous exigeant des documents non prévus dans le cahier des charges, et d’autre part, en ne respectant pas lui-même, les délais requis par le cahier des charges pour le traitement de nos dossiers.

Monsieur le ministre de l’industrie,

Nous nous devons par ailleurs de vous informer qu’au regard de la nouvelle codification sur nos registres de commerce de notre activité, nous nous retrouvons aujourd’hui dans l’impossibilité d’importer la pièce de rechange d’origine afin de répondre à la demande du marché en termes de service après-vente. C’est dire que même l’activité de nos ateliers est à l’arrêt, pendant que le parc automobile national se dégrade de jour en jour, avec pour conséquence la mutation des automobilistes vers l’usage de plus en plus important, de la pièce de contrefaçon, avec les conséquences que l’on sait sur la sécurité routière.

Dans le même ordre d’idée, la lenteur du traitement de nos dossiers, le dépassement des délais et la non réception par nos soins d’aucune notification, nous met dans une position fragile face à nos partenaires constructeurs. Certains de ces derniers ont même fait parvenir à nos collègues des mises en demeure et des menaces de rupture imminente du contrat de représentation. Ainsi, comme vous pouvez le constater, les préjudices subits par notre corporation sont aussi graves que divers. Ces préjudices s’étendent même à l’image de notre pays, face à d’éventuels investisseurs étrangers.

Monsieur le ministre de l’industrie,

Au vu de la situation financière difficile que connait le pays, nous opérateurs dans la distribution automobile, prétendants à l’agrément de concessionnaire, exprimons notre souhait de voir cette situation prendre fin au moins par la délivrance d’agréments, afin que nous puissions importer la pièce de rechange d’origine, dans un premier temps, puis plus tard, reprendre l’importation de véhicules neufs, une fois que les conditions sont meilleures.

A travers notre souhait, nous formulons le vœu de pouvoir maintenir autant que faire ses peut, notre activité et les emplois encore possible de préserver. Nous en appelons à votre sagesse et votre engagement maintes fois renouvelé, à créer de la richesse et une nouvelle dynamique qui autoriserait de maintenir des emplois, et dégager de nouvelles perspectives de développement pour notre pays. Dans cette optique, nous souhaitons tout simplement apporter notre contribution, comme nous n’avons jamais cessé de le faire.

Monsieur le ministre de l’industrie,

En attendant votre intervention dans le but d’une issue favorable et rapide à notre requête, veuillez recevoir le témoignage de notre profond respect.

Après trois ans d’attente, un nouveau cahier des charges, le 20-227, a été publié et auquel nous n’avons pas hésité à répondre en investissant massivement afin d’être conformes aux nouvelles exigences légales et ce malgré leurs lourdeurs. A ce titre, certains d’entre nous ont obtenu un agrément provisoire qui nous permettaient d’espérer le retour vers notre activité. Plus d’une année après, un troisième cahier des charges voit le jour et auquel nous répondons encore une fois, sans aucune hésitation, malgré les frais occasionnés alors que notre activité est en berne depuis plusieurs années.

Durant toute cette période difficile, nous avons essayé de maintenir, chacun selon ses possibilités, des emplois, particulièrement dans les services après-vente où nous avons essayé de maintenir un semblant d’activité. Sur ce volet du service après-vente, et au regard de la nouvelle législation, nous nous retrouvons malgré nous, dans l’impossibilité de procéder aux importations de la pièce de rechange d’origine en raison de notre attente à l’obtention de l’agrément de concessionnaire automobile. En effet, Monsieur le ministre de l’Industrie, la législation a changé et ne nous permet plus de pouvoir importer les pièces de rechange nécessaires à l’entretien des véhicules.

Par ailleurs, outre les difficultés quotidiennes auxquelles nous faisons face, nous souhaitons trouver auprès de vos services, une écoute et une compréhension de nos doléances. Pour ce faire, nous sommes convaincus qu’une structure d’accueil et d’écoute de tous les opérateurs économiques, tous secteurs d’activités confondus, est indispensable afin que les administrations centrales et locales, puissent soutenir et faciliter la mission de ces acteurs économiques.

Monsieur le ministre de l’Industrie, au regard de ce que nous venons d’évoquer, nous opérateurs économique algériens, activant dans le secteur de l’automobile, souhaitons voir que sous votre impulsion, le dossier de l’automobile puisse enfin trouver une solution et son épilogue, avec la délivrance des premiers agréments tant attendus. Cela nous permettrait de retrouver notre activité, de créer de nouveaux emplois et d’apporter notre contribution à l’économie du pays. Nous groupement de concessionnaires automobile, vous témoignons à travers ce courrier, notre entière confiance et notre disponibilité à vous soutenir, afin que la crise du marché automobile prenne fin. A ce titre, nous saisissons cette occasion pour vous demander respectueusement, de bien vouloir nous accorder une audience au cours de laquelle nos représentants pourront soumettre à votre haute bienveillance, nos préoccupations.

Veuillez recevoir Monsieur le Ministre de l’Industrie, le témoignage de notre profond respect. »

———————————————————————————————————-

Afficher plus

Nadir Kerri

Journaliste spécialisé en Automobile/Directeur de Publication Autojazair

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page