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Mohammed Yaddadene: « Les concessionnaires automobiles sont déroutés à tel point que les partenaires commerciaux s’inquiètent »

Dans cet entretien, le consultant dans le domaine de l’automobile, MYaddadene, s’exprime sur plusieurs sujets du secteur qui marquent l’actualité. Il donne son avis sur la dernière décision du ministère de l’industrie concernant les dossiers d’importation des véhicules neufs, ainsi que sur le nouveau cahier des charges.  

Algérie-Eco : Le ministère de l’Industrie chargé du dossier de l’importation des véhicules neufs a signifié un refus à neuf opérateurs, pourquoi à votre avis?

MYaddadene : Cela n’est pas une surprise, jusqu’à maintenant, je pense que l’esprit bureaucratique prédomine dans la démarche. On n’en finit pas de demander des papiers supplémentaires selon ce que j’ai pu lire sur certains sites. Les concessionnaires sont déroutés à tel point que les partenaires commerciaux s’inquiètent de ces longs délais avec des risques de résiliations des contrats ou des engagements signés. Personne n’ose prendre la décision de relancer l’activité, chose qui n’obéit à aucun cadre juridique, ni une démarche stratégique. Quand on voit ce qui se passe chez nos voisins (Maroc et Tunisie) et dans certains pays en développement, il y a de quoi s’inquiéter. Jusqu’à quand le marché va vivre cette situation que les clients subissent de plein fouet ?  On doit penser à tous les emplois perdus par le secteur de l’automobile et les services qui l’accompagnent, La reprise des importations doit intervenir avec des choix stratégiques et surtout créer des investissements qui vont encourager les opérateurs à se lancer à créer des emplois et à se positionner dans une stratégie industrielle. Comment pourrait-on répondre aux demandes de renouvellement des parcs automobiles en Algérie ?

Un nouveau cahier des charges pour réglementer les importations de véhicules neufs a été élaboré dernièrement par le ministère de l’Industrie. Quelle conséquence à votre avis sur le secteur?

Cela ne peut que retarder les échéances, les délais s’allongent avec encore le risque d’une année blanche pour 2021. Il est temps de mettre en œuvre une stratégie commerciale et une stratégie industrielle pour la relance du secteur. Chacun doit prendre les décisions qui lui incombent (Industrie, commerce…).

Entre-temps, les prix des véhicules d’occasion a atteint le double du neuf, que faire pour stopper ce phénomène?  Et quelles solutions faut-il adopter pour sortir de cette impasse à votre avis?

C’est un phénomène normal avec la pénurie créée par l’absence des importations, on voit  sur le marché de l’occasion des prix prendre des niveaux impensables il y a quelques années en arrières. D’ailleurs, il est temps de mettre en place un cadre réglementaire pour le marché de l’occasion ou VO pour développer cette activité avec un système de reprise et surtout de garantie d’a moins six mois…Cela permettra de penser au crédit automobile dans ce créneau car en fait la petite bourse ne rapporte rien, à moins que les banquiers trouvent une formule.

Le business des licences avec l’importation de grosses cylindrées  n’est pas à la portée des petites bourses dont les besoins sont dans les segments des petites  berlines et des moyennes.

Même le recours à l’importation des moins de trois ans n’est pas opportun pour la petite bourse avec les tarifs pratiqués en Europe. La relance devient une priorité sur laquelle doit se pencher les secteurs concernés sinon , on se retrouvera en train de reculer vers l’arrière, ce qui n’est pas fait pour arranger les affaires économiques car c’est triste de voir de nombreuses infrastructures vides et de milliers de travailleurs qui ont perdu leur emploi, Aussi il faut aller vite dans la mise en place de la stratégie et du cadre réglementaire et ne pas continuer de temporiser car le temps perdu c’est de l’argent…

in : algerie-eco.com

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Nadir Kerri

Journaliste spécialisé en Automobile/Directeur de Publication Autojazair

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